Non non, je ne vais pas vous causer aujourd'hui d'une nouvelle loi sur la physique des fluides (sinon je m'appelerais Alfred Nobel), mais plus simplement et malheureusement de ce qu'il m'est arrivé comme mésaventure sur le bateau durant la nuit de vendredi à samedi.
Après avoir passé une agréable soirée tant au restaurant du bord qu'au bar à siroter des frappés, je suis remonté sur le pont afin de regagner ma banquette pour dormir un peu...
Le pont (deck) est l'endroit le moins cher pour dormir et c'est assez populaire, tout le monde n'ayant pas les moyens de payer une cabine.
Me voilà donc sur ma banquette, mon sac à dos contenant mes papiers, mon laptop et mon argent sous la tête, histoire de m'en faire un coussin de fortune et d'éviter également le vol.
Il était donc à peu près une heure du matin quand j'ai commencé à sombrer, non vers les fonds marins, mais dans un bon sommeil réparateur! Plus tard, au cours de la nuit je me suis réveillé car je sentais mon sac se dérober sous ma tête et ai pensé que c'était dû au roulis du bateau ainsi qu'à mes incessants mouvements, la banquette n'étant pas estampillée Dunlopil'eau pour pouvoir dormir sans se démettre les vertèbres...
Je me suis donc rendormi après avoir replacé mon sac sous ma tête, non sans avoir constaté un peu avant çà qu'un gars se trouvait également allongé face contre sa banquette, située à quelques centimètres de la mienne. Je dois avouer que j'ai trouvé çà un peu bizzare qu'il soit là tout près alors qu'il y avait tant d'autres places ailleurs. Bref, je n'y ai guère prêté plus attention et ai poursuivi mon sommeil...
Sur le coup des 3 heures du matin je me suis levé pour boire un peu d'eau et là, j'ai vu entre la banquette et la cloison vitrée ma petite pochette noire dans laquelle se trouvaient mon argent et mes papiers. Sur le coup j'ai pensé qu'elle était tombée de mon sac à dos lorsque celui-ci était par terre. Je l'ai donc récupérée, content de m'en être aperçu...avant le pire!
Et le pire n'allait pas tarder à pointer le bout du nez puisqu'après avoir machinalement ouvert la pochette je me suis rendu compte que tout mon argent avait disparu, soit 4620 euros!!!
J'ai cru que j'allais faire une crise cardiaque, c'était tellement bluffant que j'ai même pensé que j'avais mis cet argent ailleurs dans mes affaires, que je ne me souvenais plus où, bref un vrai cauchemar!
Et en fait, il me fallait me rendre à l'évidence, on m'avait volé mes économies...
Et comme par hasard, le gars sur la banquette connexe à la mienne avait disparu! Comprenne qui pourra...
Sur ce constat de fait je me suis donc rendu à la réception pour expliquer la situation, l'officier de quart bien que compatissant m'a dit ne rien pouvoir faire et m'a conseillé d'aller trouver les autorités portuaires une fois arrivé à Patras...
C'est donc avec 9 euros en poche que j'ai terminé la traversée, même pas de quoi prendre la navette Superfast qui va sur Athènes et qui coûte 20 euros!
Autant vous assurer que j'avais le moral dans les chaussettes et que j'ai eu énormément de mal à envisager la suite de mon aventure, je ne savais plus que faire et je dois avouer qu'à plusieurs reprises j'ai regardé par dessus le bastingage, histoire d'aller voir si l'eau était bonne...
Bref, arrivé à Patras je me suis retrouvé comme un con sur la quai, ne sachant que faire et comment le faire. Je me suis rendu au bureau du port, ai expliqué ma déconvenue et alors là ce fut un vrai festival bien à la grecque: on m'a envoyé de bureaux en bureaux! Dîtes-vous bien mes amis que maintenant je connais tous les corps de police, de celle de la route à celle du port, en passant par la municipale, la douane, la sécurité privée etc...
C'est donc à la police du port que j'ai trouvé mon "bonheur", un policier m'ayant même fait l'honneur de m'inviter à bord de son 4X4 sérigraphié police, ceci afin de m'emmener dans les bureaux principaux se trouvant à l'entrée du port.
Une fois là-dedans, je me suis retrouvé dans un couloir où étaient menottés et assis par terre des clandestins ayant certainement voyagé sous un camion puisqu'ils étaient noirs comme des charbonniers. Petite précision, les flics n'étaient pas vraiment tendres avec eux, mais bon, chacun ses manières...
Donc du coup, me voilà dans ce couloir comme je disais, attendant que l'on s'occupe de mon cas. Ce qui fut fait quelques minutes après... Et bien, vous me croirez pas, j'ai cru et senti que l'on me prennait pour un délinquant! En effet, les flics croyaient que mon but était de regagner la France gratuitement en faisant intervenir l'ambassade pour un rapatriement d'urgence. Ils ont cru qu'en fait j'avais passé mes vacances en Grèce, que j'avais dépensé tout mon argent, que je voulais justifier celà en disant que l'on m'avait volé, bref que c'était de ma part une arnaque pour un retour à l'oeil!
Et puis, la lumière fut! J'ai présenté ma carte d'embarquement pour prouver que je venais d'arriver et que ma préoccupation n'était pas celle de rentrer en France mais d'aller à Athènes...
Alors là, l'attitude de ces messieurs changeât du tout au tout, allant presque jusqu'à devenir mielleux à mon égard! Et à des égards j'ai eu droit puisqu'ayant mis à ma disposition un téléphone pour appeler l'ambassade ainsi que la consul honoraire de Patras. Malheureusement l'ambassade de pouvait rien faire de concret si ce n'est me conseiller de me faire envoyer de l'argent via Western Union, et la consul honoraire, elle, devait être loin de son portable puisque n'ayant jamais réussi à la joindre. Et elle seule aurait pû me dépanner financièrement, ne serait-ce que pour acheter un ticket de train...
Me voilà donc au même point: comment me rendre à Athènes? J'ai donc quitté le poste de police en disant que j'allais tenter de demander à un routier de bien vouloir me prendre à bord, au cas où.
Une fois regagné la terrasse de bar où j'avais laissé mes 80kg de bagages j'ai vu arriver le 4X4 de police précédemment cité, en est descendu le même policier qui est venu vers moi et qui m'a donné...........40 euros! Il n'a même pas voulu de remerciements, il m'a simplement dit que c'était mon jour et que j'avais eu assez d'ennuis comme çà! Dieu existe mes amis, il porte un flingue et des rangers!!!
Cet argent en poche et heureux comme un pope, je me suis donc dirigé vers la station K-TEL, ai pris un billet pour Athènes qui m'a coûté 17 euros, suis arrivé dans la capitale vers 20.00,de là ai pris un taxi pour Panormou qui m'a coûté 12 euros et quelques clopes pour le John Pappas local qui n'en avait plus, bref sur place vers 20.30...
Mon proprio, mis au courant de la situation et ayant lui-même tenté d'intervenir auprès des autorités tant françaises que grecques, m'attendait et après avoir discuté, je m'en suis allé rejoindre Morphée mais chuuuut, ma femme est jalouse!
Ainsi donc s'est achevée cette journée pour le moins dure, journée qui me reste en travers de la gorge et qui mettra du temps à s'effacer de ma mémoire...
Il y a quand même quelqu'un, quelque part qui fait la fiesta sur mon compte. Dur dur le mécénat!
Demain commence un semaine qui je pense ne sera pas de tout repos car il va me falloir aller voir les différentes autorités et représentations françaises ici à Athènes afin d'exposer ma délicate situation, histoire de voir si je peux bénéficier d'aides car oui: je suis dans la merde! Et je reste poli...
Sur ce je vais terminer cette note sur une photo prise cet après-midi en bas de Kifissias où l'on peut voir la ville fleurie...

Bon...allez, une dernière: Non non, je ne les ai pas shootés au ball-trap les pigeons, is font la sieste, eux!!! Et puis nous nous comprenons un peu eux et moi, sauf qu'eux ne sont pas encore plumés (ce sera avec les petits pois!)...et que moi je le suis déjà, avec un gros poids!!!
